de la colère à la sérénité

Share and Enjoy !

0Shares
0 0

Un soir d’automne, un moine et un jeune novice traversent la rivière dans un épais brouillard. Le vent se lève. L’autre rive est encore une ligne sombre, à peine visible.

– Maître, la rivière est large et le vent nous empêche d’avancer à notre gré. Ne serait-il pas prudent de remettre notre voyage ?

Son maître gardant le silence, Kasuku se résigne à ramer, le coeur inquiet. Une dizaine de minutes s’écoulent, qui semblent une heure à Kasuku.

Soudain, lâchant les rames, il se dresse, le bras levé :

– Maître ! Regardez cette barque qui émerge du brouillard, elle vient droit sur nous !

– …

– Maître ! La barque approche, elle va nous heurter, nous allons chavirer ! Que son pilote soit maudit !

– …

A l’instant du choc, un remous opportun ou une manoeuvre habile du maître écarte le danger et les deux barques indemnes poursuivent leurs chemin.

– As-tu observé l’intérieur de la barque, Kasuku ? – demanda le moine.

– Oui, Maître. La forme que je prenais pour un homme était un sac de grain.

– Dis-moi, Kasuku, contre qui t’es-tu emporté ?

 

A l’origine de la colère

Quand on pousse un parent au-delà de sa capacité d’endurer, même les meilleures vacances du monde peuvent virer au cauchemar.

En revanche, quand nous sentons la stabilité de notre force intérieure, il est plus facile de garder la maîtrise de soi-même. Nous utilisons même volontier de l’humour pour affronter un moment difficile.

Alors d’où vient cette colère soudaine qui nous fait culpabiliser par la suite ? Est-ce de l’absence de cette sérénité intérieure stable et permanente ? Comment atteindre cet état paisible qui nous aidera à rester calme dans les moments de tempête ?

Je ne crois pas que cet état soit réservé aux moines bouddhistes ou pratiquants du zen. Je crois même que notre esprit est, à l’origine, en paix.

 

Acceptez vos émotions

Vous avez le droit d’être en colère. Vous avez le droit de parfois ne plus vouloir d’enfants (oui, ceux qui sont dans la pièce à côté..). Toutes les émotions ont lieu d’être ! La question est : quels sont les besoins qui se cachent derrière vos émotions ?

Je me souviens de ce jour où j’ai encore crié sur mon fils. Il faisait une crise et ne voulait pas manger. J’ai crié, il a crié encore plus fort. A ce moment, j’ai fait face à ma colère.

Sur le moment, je me suis rendue compte que je n’étais pas distincte de la colère. Je la créais. Mes pensées la créaient.

J’étais la colère.

J’ai observé mon état, sans porter de jugement, ni vouloir le changer. Cette colère que je pensais dirigée contre mon fils m’a paru ridicule. Sans mes pensées, elle n’existait pas. Elle est partie instantanément et n’est jamais revenue.

Il m’arrive encore de perdre mon centre de sérénité, surtout quand je suis fatiguée physiquement et le mental ne suit pas. Dans ces cas, j’exprime mon ressenti et mes besoins par des messages “Je” (en opposition avec les messages “Tu” comme “Tu m’épuises”) :

  • Je suis fatiguée et je n’ai plus la force de te porter
  • Je vois que tu veux jouer avec moi mais je suis épuisée de ma journée et je vais te laisser jouer seul un moment car j’ai besoin de me reposer

Tant pis si c’est plat surgelé ce soir. Tant pis si j’amène mon enfant à la crèche alors que je pourrais rester avec lui. Je n’ignore pas mes besoins et la colère n’a pas lieu d’être.

Accepter vos émotions c’est reconnaître que vous avez des besoins et limites qui doivent être posés et respectés. Etre parent ne veut pas dire se sacrifier. Plus vous privilégiez votre bien-être, plus les personnes autour de vous en bénéficient.

Vous n’êtes pas responsable du bonheur de vos enfants, mais de votre propre bonheur.

Qu’est ce qui vous rend heureuse ?

 

Le pouvoir de l’observation

Nous voulons tous le meilleur pour nos enfants. Nous cherchons la réponse miracle ou un mode d’emploi pour ne plus nous énerver contre nos enfants.

Nous nous disons “je suis en colère, c’est mal, je dois changer”. Alors nous essayons de dompter la colère, la contrôler, la rationaliser, la discipliner.

Mais nous ne nous en libérons pas.

Nous cherchons à nous améliorer. Nous voulons une clé qui va débloquer quelque chose. Mais s’améliorer, c’est remettre à plus tard la transformation. Nous pensons que nous serons heureux quand nous ne mettrons plus en colère ou quand nous serons ceci ou cela. En attendant, nous vivons dans la souffrance.

Notre esprit est pris dans cette course à l’amélioration de soi et nous en oublions le présent. Ce n’est pas nécessaire de compliquer les choses.

La clé, nous l’avons déjà. Elle est à l’intérieur de nous : s’observer sans vouloir changer, voir les choses sans vouloir les altérer, les juger…

Être là, apprécier ce dont nous faisons déjà partie, le partager.

Le changement survient quand l’esprit est immobile. Alors nous voyons à quel point la vie est extraordinaire.

Share and Enjoy !

0Shares
0 0