la punition du coin - ces enfants qui n’obéissent pas

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Il y a quelques jours j’ai été témoin d’une scène dans un parc. C’est un joli petit parc en hauteur, surplombant des vignes, avec une vue imprenable sur le lac. L’air était agréable et frais sous l’imposant feuillage des arbres.

Une jeune maman était assise sur un banc voisin du mien et discutait avec une amie. Son fils d’environ 4 ans s’amusait à jeter des cailloux par dessus bord, du parc vers les vignes.

Au bout d’un moment, la maman en a eu assez qu’il jette des cailloux et lui demanda d’arrêter. Comme son fils continuait et “n’obéissait pas”, le ton est monté. “Tu n’écoutes jamais ! Toujours à faire des bêtises…”

Ils ont fini par partir et c’est là que j’ai entendu la maman dire à son amie que c’était compliqué de punir son fils dans un parc car il n’y avait pas de coin où le mettre.

 

Punir, dans quel but ?

On ne se permet pas de punir nos amis. Ce serait ridicule de les mettre au coin s’ils cassaient un vase ou les priver de dessert s’ils ne finissaient pas leur assiette.

Alors pourquoi le fait-on avec nos enfants ? Pour qu’ils apprennent ? Pour qu’ils apprennent à obéir et non pas à réfléchir ?

La maman était en colère et l’enfant frustré. Appliquer la discipline au mileu d’un accès de colère où l’enfant est le moins disposé à écouter ne fera que susciter sa résistance. Plus nous insistons sur quelque chose, par exemple l’absence de politesse chez nos enfants, plus nous en créons de ce quelque chose.

C’est dans notre nature de se rebeller contre les attentes et nous ne sommes pas sur cette planète pour vivre selon les ordres de nos proches. Nous pouvons en revanche discuter ensemble d’un accord qui respecte les besoins de chacun.

 

Tout passe

L’enfance aussi.

Ce n’est pas parce que l’enfant fait des “bêtises” maintenant qu’il sera un délinquant à 18 ans. Il est programmé pour expérimenter et découvrir le monde. Il joue son rôle d’enfant.

Ce n’est que vers 7 ans que l’enfant peut comprendre que l’autre peut penser différemment et considérer que vous avez un autre point de vue que lui.

Il serait aussi intéressant de se demander si nous sommes plus gênés par le regard des autres qui vont penser que, parce que nos enfants sont “mal élevés”, nous sommes des mauvais parents. Dans ce cas, c’est de notre égo que nous nous soucions, pas du bien-être de l’enfant. Parce que nous nous conformons aux règles, nous voulons que notre enfant s’y conforme lui-aussi.

Enfin, ce n’est un secret pour personne que nous traînons le schéma de notre propre éducation et nous le reproduisons inconsciemment ou consciemment avec nos enfants. Mais analyser son propre passé n’aide pas toujours à résoudre le problème et agir autrement.

 

Un regard différent

Tout dépend de la façon dont on perçoit le problème.

Vous avez une image de votre enfant tel que vous pensez qu’il devrait être. La réalité du quotidien ne correspond pas à cette image. Votre enfant dessine sur les murs, s’acharne à ne pas dire “merci”, tape son frère/ sa soeur… bref, il ne fait pas ce que vous attendez de lui.

 

Et si vous n’attendiez rien ?

 

Tant que vous attendez que votre enfant soit conforme à votre image, il y aura un fossé entre cette image et le problème du quotidien qui la contredit. Faire obéir son enfant alimente ce perpétuel conflit.

N’allez pas croire que j’encourage les parents à tout laisser faire. Toutes les émotions sont légitimes mais pas tous les comportements sont acceptables.

Seulement avoir un regard neuf sur son enfant, sans filtre de vos attentes ni images. Ne pas s’agripper à l’eau mais se laisser flotter.

 

Je crois qu’il existe une façon de vivre, un espace où l’amour est tel qu’il transcende nos relations. Où la question de la punition ne se pose pas, elle n’a pas lieu d’être.

Pas parce que l’enfant a une conduite exemplaire, mais parce qu’il est le flot, la source de la vie et que nous nageons, que nous apprenons à vivre. Ensemble.

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